La lettre / The letter

Avec André, qui a 20 ans cette année / With André, who is 20 this year

[ENGLISH FOLLOWS] Je vous partage une lettre que j’ai lue il y a quelques années, que je continue à lire régulièrement et qui me tient toujours autant à coeur. Cet article est dédié à mon fils André, qui depuis cette année, n’est PLUS un ado!

SOURCE
Où je l’ai lue: https://bluntmoms.com/letter-teenager-cant-write/
Version française: https://www.festival-ecole-de-la-vie.fr/lettre-touchante-comprendre-ressentent-nos-ados/ | https://positivr.fr/
Publication d’origine: http://gretchenschmelzer.com/blog-1/2015/6/23/parent-corner-the-letter-your-teenager-cant-write-you

LETTRE
« Cher parent,

Voici la lettre que je voudrais pouvoir t’écrire.

Ce conflit dans lequel nous sommes maintenant, j’en ai besoin. J’ai besoin de ce combat. Je ne peux pas l’expliquer parce que je n’ai pas le vocabulaire pour le faire et parce que, de toute façon, ce que je dirais n’aurait pas de sens. Mais j’ai besoin de ce combat. Désespérément.

J’ai besoin de te détester pour le moment, et j’ai besoin que tu y survives. J’ai besoin que tu survives au fait que je te haïsse et que tu me haïsses.

J’ai besoin de ce conflit, même si je le hais. Peu importe ce sur quoi nous sommes en conflit : heure du coucher, les devoirs, le linge sale, ma chambre en désordre, sortir, rester à la maison, partir de la maison, ne pas partir, la vie de famille, petit(e) ami(e), pas d’amis, mauvaises fréquentations. Peu importe. J’ai besoin de me battre avec toi au sujet de ces choses et j’ai besoin que tu t’opposes à moi en retour.

J’ai désespérément besoin que tu tiennes l’autre extrémité de la corde. Que tu t’y accroches fermement pendant que je tire de mon côté, que je tente de trouver des appuis dans ce nouveau monde auquel je sens que j’appartiens.

Avant, je savais qui j’étais, qui tu étais, qui nous étions. Mais maintenant, je ne sais plus.

En ce moment, je cherche mes limites et, parfois je ne peux les trouver qu’en te poussant à bout. Repousser les limites me permet de les découvrir. Alors je me sens exister, et pendant une minute je peux respirer.

Je sais que tu te rappelles l’enfant doux que j’étais. Je le sais, parce que cet enfant me manque aussi et, parfois, cette nostalgie est ce qu’il y a de plus pénible pour moi.

J’ai besoin de ce combat et de constater que, peu importe combien terribles ou exagérés sont mes sentiments, ils ne nous détruiront ni toi ,ni moi. Je veux que tu m’aimes même quand je donne le pire de moi-même, même quand il semble que je ne t’aime pas. J’ai besoin maintenant que tu t’aimes toi et que tu m’aimes moi, pour nous deux.

Je sais que ça craint de ne pas être aimé et d’être étiqueté comme étant le méchant. Je ressens la même chose à l’intérieur mais j’ai besoin que tu le tolères et que tu obtiennes de l’aide d’autres adultes. Parce que, moi, je ne peux pas t’aider pour le moment. Si tu veux te réunir avec tes amis adultes et former un « groupe de soutien pour survivre à la fureur de votre adolescent », c’est ok pour moi. Ou parler de moi derrière mon dos, je m’en fiche. Seulement ne m’abandonne pas. N’abandonne pas ce combat. J’en ai besoin.

C’est ce conflit qui va m’apprendre que mon ombre n’est pas plus grande que ma lumière. C’est ce conflit qui va m’apprendre que des sentiments négatifs ne signifient pas la fin d’une relation. C’est ce conflit qui va m’apprendre à m’écouter moi-même, quand bien même cela pourrait décevoir les autres.

Et ce conflit particulier prendra fin. Comme tout orage, il se calmera. Et je vais l’oublier, et tu l’oublieras. Et puis il reviendra. Et j’aurai besoin que tu t’accroches de nouveau à la corde. J’en aurai besoin encore et encore, pendant des années.

Je sais qu’il n’y a rien de satisfaisant pour toi dans ce rôle. Je sais que je ne te remercierai jamais probablement pour ça, ou même que je ne reconnaîtrai jamais le rôle que tu as tenu. En fait, pour tout cela, je vais probablement te critiquer. Il semblera que rien de ce que tu ne fais ne soit jamais assez. Et pourtant, je m’appuie entièrement sur ta capacité à rester dans ce conflit. Peu importe à quel point je m’oppose, peu importe combien je boude. Peu importe à quel point je m’enferme dans le silence.

S’il te plaît, accroche-toi à l’autre extrémité de la corde. Et sache que tu fais le travail le plus important que quelqu’un puisse faire pour moi en ce moment.

Avec amour, ton adolescent. »

[FRANÇAIS CI-DESSUS] I am sharing a letter I read a couple years ago, that I keep reading regularly and that I still care about very much. This post is dedicated to my son André, who is NO LONGER, starting ths year, a teenager!

SOURCE
Where I read it: https://bluntmoms.com/letter-teenager-cant-write/
French version: https://www.festival-ecole-de-la-vie.fr/lettre-touchante-comprendre-ressentent-nos-ados/ | https://positivr.fr/
Original post: http://gretchenschmelzer.com/blog-1/2015/6/23/parent-corner-the-letter-your-teenager-cant-write-you

LETTER
“Dear Parent:

This is the letter that I wish I could write. 

This fight we are in right now. I need it. I need this fight. I can’t tell you this because I don’t have the language for it and it wouldn’t make sense anyway. But I need this fight. Badly. I need to hate you right now and I need you to survive it. I need you to survive my hating you and you hating me. I need this fight even though I hate it too. It doesn’t matter what this fight is even about: curfew, homework, laundry, my messy room, going out, staying in, leaving, not leaving, boyfriend, girlfriend, no friends, bad friends. It doesn’t matter. I need to fight you on it and I need you to fight me back.

I desperately need you to hold the other end of the rope. To hang on tightly while I thrash on the other end—while I find the handholds and footholds in this new world I feel like I am in. I used to know who I was, who you were, who we were. But right now I don’t. Right now I am looking for my edges and I can sometimes only find them when I am pulling on you. When I push everything I used to know to its edge. Then I feel like I exist and for a minute I can breathe. I know you long for the sweeter kid that I was. I know this because I long for that kid too, and some of that longing is what is so painful for me right now.

I need this fight and I need to see that no matter how bad or big my feelings are—they won’t destroy you or me. I need you to love me even at my worst, even when it looks like I don’t love you. I need you to love yourself and me for the both of us right now. I know it sucks to be disliked and labeled the bad guy. I feel the same way on the inside, but I need you to tolerate it and get other grownups to help you. Because I can’t right now. If you want to get all of your grown up friends together and have a ‘surviving-your-teenager-support-group-rage-fest’ that’s fine with me. Or talk about me behind my back–I don’t care. Just don’t give up on me. Don’t give up on this fight. I need it.

This is the fight that will teach me that my shadow is not bigger than my light. This is the fight that will teach me that bad feelings don’t mean the end of a relationship. This is the fight that will teach me how to listen to myself, even when it might disappoint others. 

And this particular fight will end. Like any storm, it will blow over. And I will forget and you will forget. And then it will come back. And I will need you to hang on to the rope again. I will need this over and over for years.

I know there is nothing inherently satisfying in this job for you. I know I will likely never thank you for it or even acknowledge your side of it. In fact I will probably criticize you for all this hard work. It will seem like nothing you do will be enough. And yet, I am relying entirely on your ability to stay in this fight. No matter how much I argue. No matter how much I sulk. No matter how silent I get.

Please hang on to the other end of the rope. And know that you are doing the most important job that anyone could possibly be doing for me right now.

Love, Your Teenager

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